12 mars 2026 02:45
Little Trouble Girls : l’éveil du désir face aux interdits religieux
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© Little Trouble Girls de Urška Djukić ASC Distribution
Avec Little Trouble Girls, la réalisatrice slovène Urška Djukić signe un premier long-métrage sensible et troublant autour de l’adolescence. Présenté à la Berlin International Film Festival, le film est désormais sorti en salles et suit une jeune choriste confrontée à l’éveil de sa sensualité dans un environnement catholique où désir et culpabilité spirituelle s’entremêlent.
Une adolescence entre foi et désir
Le film suit Lucija, une adolescente introvertie de 16 ans interprétée par Jara Sofija Ostan, qui rejoint la chorale de son école catholique. Elle se lie rapidement d’amitié avec Ana-Maria, une élève plus extravertie. Mais lors d’un séjour de répétitions dans un couvent à la campagne, l’équilibre du groupe se fissure peu à peu.
Dans ce lieu clos où se mêlent discipline religieuse et effervescence adolescente, Lucija découvre progressivement son désir et commence à remettre en question les valeurs qui l’entourent. Les jeux nocturnes entre adolescentes et la présence de jeunes ouvriers travaillant près du couvent font naître des tensions nouvelles. Entre culpabilité et curiosité, la jeune fille traverse les premières secousses de l’émancipation.
Une chronique sensorielle de l’éveil féminin
Plus qu’un simple récit d’apprentissage, Little Trouble Girls s’intéresse à la manière dont les institutions religieuses façonnent les corps et les émotions. La chorale devient ainsi un espace ambigu où se mêlent désir et rivalités.
Avec une mise en scène attentive aux sensations, Urška Djukić filme l’adolescence comme un moment fragile où la foi se heurte parfois à nos désirs. Le film a d’ailleurs marqué les festivals en remportant notamment le prix FIPRESCI du meilleur premier film à la Berlinale.
Little Trouble Girls rappelle que grandir consiste souvent à trouver sa propre voix, même lorsqu’elle doit s’élever au-delà du chœur.