12 mars 2026 10:00
Scarlet et l’éternité : un film d’animation signé Mamoru Hosoda
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© Scarlet et l’éternité de Mamoru Hosoda Sony Pictures Releasing France
Sorti en salles ce 11 mars, Scarlet et l’éternité, le nouveau film du cinéaste japonais Mamoru Hosoda, se présente comme un film d’animation nourri à la fois par l’actualité mondiale et par l’héritage de William Shakespeare. Inspiré notamment de Hamlet, le long métrage explore la spirale de la vengeance. Il cherche tout de même à offrir un message d’espoir à une génération marquée par un monde fracturé.
Une tragédie inspirée par Shakespeare et l’actualité
Pour concevoir Scarlet et l’éternité, Mamoru Hosoda s’est appuyé sur un contexte très concret : le climat d’anxiété qui a suivi la pandémie de COVID-19. Le réalisateur explique que cette période a profondément marqué les sociétés, laissant derrière elle un sentiment d’instabilité.
C’est dans ce cadre qu’il imagine une histoire de vengeance, directement inspirée du cycle tragique de Hamlet. Comme le prince danois, Scarlet évolue dans un univers où : colère et douleur peuvent facilement se transformer en spirale destructrice.
Le film multiplie ainsi les références shakespeariennes. L’héroïne, vêtue d’une armure sombre et entourée de couleurs austères, rappelle le personnage d’Hamlet. Hijiri est quant à lui inspiré d’Ophelia. Il incarne une figure plus lumineuse, contrastant sur leurs origines et leurs trajectoires opposées.
Un spectacle visuel entre tradition et modernité
Sur le plan artistique, Scarlet et l’éternité marque aussi une évolution dans la filmographie de Mamoru Hosoda. Après des œuvres comme Belle ou Miraï, ma petite sœur, le réalisateur explore davantage les possibilités offertes par l’animation 3D.
Cette évolution technique permet notamment de travailler plus finement les expressions et les mouvements des personnages. Pour autant, Hosoda n’abandonne pas l’esthétique artisanale qui caractérise son cinéma : le film adopte un style hybride, mêlant infographie et dessin traditionnel.
Au cœur du récit se trouve également une figure énigmatique : un dragon gigantesque, transpercé par de nombreuses armes mais pourtant toujours intact. Le cinéaste laisse volontairement son symbolisme ouvert à l’interprétation. Sans tout révéler, Hosoda suggère même que la créature connaît une transformation majeure à la fin du film.
Scarlet et l’éternité confirme la capacité de Mamoru Hosoda à mêler technique et réflexion. Derrière son récit de vengeance, le film porte surtout un message essentiel : dans notre monde actuel marqué par les fractures sociales, choisir l’union pourrait bien être le geste le plus radical.