18 mars 2026 03:45
Silentium : le silence qui crie plus fort que les mots
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© Silentium de Nidhal Chatta - Media Art
Sorti en salles ce 18 mars 2026, Silentium, le nouveau film du réalisateur tunisien Nidhal Chatta, investit les écrans français avec un drame intense et sans concession, qui s’attache à briser la loi du silence autour des violences faites aux femmes.
Un huis clos social et cruel
Dans une vieille bâtisse face à la mer en Tunisie, les murs à la peinture écaillée deviennent le théâtre de vies marquées par la violence, l’oppression sociale et les secrets inavoués. Malek, jeune femme indépendante, observe le monde qui l’entoure — disputes, blessures, humiliations — tout en portant en elle un passé traumatique. Autour d’elle, d’autres résidents font face aux réalités les plus dures de la société.
Le silence devient dans le film un personnage à part entière. Il interroge la capacité des individus à aussi bien survivre que résister et à se confronter à leurs propres monstres intérieurs.
Violences, conscience et cinéma engagé
Silentium met en scène avec une caméra discrète mais pénétrante, qui laisse parfois parler la violence sans filtres, et parfois suggère au‑delà de l’image. Les critiques françaises saluent la justesse de certaines scènes, bien que certains estiment que le film manque parfois de subtilité dans sa mise en œuvre, malgré des intentions louables de dénoncer les dérives d’une société encore marquée par le patriarcat.
Le rôle de Malek, interprété par Rym Hayouni, est au cœur de cette exploration : confrontée à l’agression, elle choisit de briser le destin en faisant entendre sa voix ainsi que toutes celles étouffées.
Silentium est avant tout une œuvre militante qui utilise le cinéma comme une fenêtre ouverte sur des vies souvent reléguées au silence. En abordant frontalement des thèmes difficiles, le film de Nidhal Chatta propose au public une sortie qui frappe, résonne et pousse à la réflexion — bien au‑delà de sa durée.