© Christy de David Michôd Metropolitan FilmExport
Une métamorphose spectaculaire
À 28 ans, Sydney Sweeney change de peau. Dans Christy, réalisé par David Michôd, elle prend 16 kilos de muscle pour incarner la pionnière de la boxe féminine des années 1990. Cheveux bruns bouclés, coupe mulet, regard durci : l’ancienne blonde californienne disparaît derrière une combattante déterminée.
Le film retrace l’ascension fulgurante de Christy Martin sur le ring, mais aussi sa descente aux enfers, victime d’un mari entraîneur violent. Un récit classique, vibrant, qui coche toutes les cases du mélodrame féministe : dénonciation de l’emprise, révélation d’une homosexualité longtemps tue, reconquête de soi par le combat.
Une icône récupérée politiquement
Pourtant, hors écran, l’image de l’actrice brouille le message. En juillet 2025, une campagne publicitaire pour la marque American Eagle, jouant sur l’ambiguïté entre "jeans" et "genes", a déclenché une polémique inattendue. Le slogan, repris et salué par des figures conservatrices comme Donald Trump, a propulsé Sydney Sweeney au cœur d’un débat idéologique.
En quelques jours, l’actrice est devenue le symbole d’un imaginaire valorisant la beauté "naturelle" et les codes traditionnels de la féminité, aux antipodes des discours féministes dominants sur la déconstruction des normes.