© Deux personnes échangeant de la salive de Natalie Musteata, Alexandre Singh
Une dystopie où aimer devient un crime
Le film imagine une société totalitaire aussi absurde que glaçante : embrasser y est illégal, parfois passible de mort, tandis que les échanges économiques se font… à coups de gifles. Dans ce système déshumanisé, deux femmes issues de milieux opposés se découvrent une attirance interdite.
Tourné notamment dans un grand magasin parisien transformé en théâtre de domination sociale, le récit détourne les codes de la comédie romantique pour en illustrer la répression du désir.
Loin d’un simple exercice de style, le court-métrage évoque aussi les restrictions contemporaines des libertés individuelles et sexuelles à travers le monde, faisant du baiser un symbole de résistance intime.
Un succès international et un Oscar historique
Présenté dans de grands festivals puis nommé aux César et aux Oscars, le film a finalement remporté la statuette, fait rare, ex æquo avec The Singers.
Au-delà du palmarès, cette victoire confirme la vitalité du court-métrage français sur la scène mondiale. L’œuvre a notamment bénéficié du soutien de figures majeures du cinéma international, preuve de son rayonnement bien au-delà de l’Hexagone.
En transformant un simple baiser en acte révolutionnaire, ce court-métrage rappelle que la subversion ne passe pas toujours par la violence, parfois, elle tient dans un geste minuscule, presque invisible.