© Seuls les rebelles de Danielle Arbid - JHR Films
Faire briller Beyrouth
Le film démarre par un carton précisant qu’il n’a pas pu être tourné à Beyrouth. Ces dernières années, le Liban a fait face au conflit entre Israël et le Hezbollah (mouvement chiite libanais soutenu par l’Iran). Un pays déchiré par la guerre, jusqu’à sa capitale.
La réalisatrice n’y a donc pas mis les pieds. Elle supervisait une équipe de tournage à Beyrouth depuis Paris. Les images tournées par l’équipe libanaise ont été rétroprojetées au studio de la Montjoie : « La transparence est un procédé mêlant dans un plan une projection de film à une prise de vues. Dans les vieux films, il a été très utilisé pour des scènes montrant des personnages situés dans des avions, trains ou voitures… Certains cinéastes comme Ken Russell, Kubrick, Ruiz, Von Trier ou Mandico plus récemment, etc. l’ont aussi utilisé en le détournant, mais aucun long-métrage à ma connaissance n’a été entièrement réalisé de cette manière. », explique la réalisatrice.
Cette œuvre est une manière pour la cinéaste de faire passer des messages politiques et de raconter sa ville autrement. Le but est de montrer que, même dans une ville meurtrie par les affrontements et les bombardements, l’amour trouve toujours sa place.
Ce film est un cri du cœur, une invitation à prendre conscience de la montée des extrémismes et de la violence. Le Liban n’est qu’un exemple parmi tant d’autres.
Un amour pas commun à l’écran
Une histoire d’amour déchirante. C’est ce que raconte le film. Suzanne, une veuve sexagénaire, et Osmane, un jeune homme de quarante ans son cadet. Une rencontre inattendue. Un coup de foudre. Alors qu’Osmane se fait agresser, Suzanne lui vient en aide et l’invite chez elle.
Très vite, les deux tombent amoureux. Mais leur relation est loin de faire l’unanimité. Suzanne est une Libanaise d’origine palestinienne, tandis qu’Osmane est un jeune migrant soudanais sans papiers. Leur différence d’âge, d’origine et de condition sociale provoque l’hostilité de leur entourage.
Au-delà de cette romance hors du commun, le film porte un regard pertinent sur une société libanaise divisée, où les préjugés et le rejet de l’autre restent profondément ancrés. Porté par les interprétations sensibles de Hiam Abbass et d’Amine Benrachid, ce récit touchant célèbre la force de l’amour face aux conventions.